Vagabondage en salles obscures inédit de décembre 2010

L’adulescence cinématographique ? Harry Potter, sept poils au menton !

Pour vous, chers lecteurs, je l’ai fait. Chaleureusement aidé par ceux que je m’en vais critiquer, j’ai endossé ma cape et ajusté mon chapeau pointu et, le premier samedi après sa sortie, pour la somme lacrymale d’environ 14 euros, salle Imax et tout le tintouin, je suis allé voir H.P.7 (Harry Potter pour ceux que cet acronyme orienterait vers la section 7 de l’hôpital psychiatrique).
Bien sûr, cela valait le coup de pouffer de rire lors des scènes romantiques, comme de voir Kevin et Kevina se gausser de notre troupe de jeunes adultes à la sortie de la salle, tant notre mignonne fantaisie les renvoyait à leur désolant conformisme statutaire. Cependant, chers compagnons, ce film est bien à la hauteur de leurs rires gras chevalins. Vous aimâtes ce film ! Vous l’avez trouvé ténébreux et inquiétant, plus adulte, avec une ambition de se positionner dans la catégorie des films d’auteur ! Vous pensez que le film repose sur l’interprétation de Daniel Radcliffe et consorts ! Oh mon dieu, vous êtes d’accord avec le Figaro !
Je me demande, chers adultes, ce qui dans vos cœurs pardonne aux tristes performances de Twilight, Narnia et Harry Potter – j’en excepte peut-être le premier opus. Je veux bien que l’usage de stéréotypes incombe aux genres mais là, sérieusement, je préfère filer un Oscar à Buffy. Au moins le générique avait la patate et je pouvais débrancher mon cerveau pour pas un rond. Si, dans ce dernier Potter, on approche du moins de 12 ans, c’est aussi pour le déconseiller aux plus de 14.
Harry Potter est un adolescent mais peut-être celui dont rêvent ceux qui sont encore enfants. Ce n’est donc pas un prolongement de la tempétueuse adolescence que portent nos adultes armés de baguettes et de clémence mais plutôt une offrande malvoyante à l’enfant plus loin et plus avant.

William Masson

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