Scène culturelle inédite du mois de décembre 2010

PETITE BIBLIOTHÈQUE POUR ANALPHABÈTES

Voici les coups de cœur littéraires de l’Analphabète : une sélection de livres à découvrir absolument, à offrir pour Noël, à échanger sous le manteau ou à conserver sur sa table de chevet. Nous nous engageons à rembourser les lecteurs déçus qui émettraient une quelconque réserve – motivée et argumentée bien entendu – sur un ouvrage donné.

Changement de décor, David Lodge
Un prof de littérature anglaise complètement naze et un universitaire américain renommé échangent leurs places pour six mois. Hilarant !

Les Bienveillantes, Jonathan Littell
Prix Goncourt 2007, ce livre nous emmène dans l’histoire nauséeuse et nauséabonde d’un criminel de guerre nazi. Les moralistes s’abstiendront, quant aux autres jetez-vous sur ce gros pavé de 900 pages.

La tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives, Philippe Delerme
Philippe Delerme nous restitue ses souvenirs sportifs, deux ou trois pages suffisant pour chaque gorgée d’émotion ou remontée d’adrénaline. On s’en délecte.

Le salaire de la peur, Georges Arnaud
Une épopée de l’angoisse pure, qui sera immortalisée par le célèbre film éponyme de Clouzot. Un « road movie » qui vous prend aux tripes, avec une de ces chutes… Je l’ai lu d’une traite.

Moustiques, William Faulkner
Brocardant la futilité et la médiocrité ordinaires de ces petits « moustiques » blancs, bourgeois et racistes, Faulkner brosse un portrait cruellement satirique de la jet-set de son époque.

Le Pingouin, Andreï Kourkov
Vous vous demandez à quoi peut ressembler la cohabitation d’un homme avec un pingouin ? Vous vous demandez à quoi peut ressembler l’Ukraine post-soviétique ? Alors ce livre est fait pour vous.

La lucidité, José Saramago
Stupeur dans la capitale d’un pays sans nom : 83% des électeurs ont voté blanc ! Un livre en forme d’allégorie politique, qui pose les questions essentielles de la coercition en politique et du statut du vote blanc. À lire impérativement.

Le complot contre l’Amérique, Philippe Roth
Dans ce roman de politique-fiction, le célèbre aviateur Charles Lindbergh bat le président Roosevelt aux élections de 1940. Or le brillant aventurier est aussi un admirateur de l’Allemagne nazie et un antisémite notoire. Style d’écriture excellent, à lire.

Les amants du Spoutnik, Haruki Murakami
C’est pour moi le livre du mystère par excellence, Murakami nous entraînant, à travers l’histoire d’un triangle amoureux qui ne concrétise jamais, dans les profondeurs ineffables de l’onirisme.

La peau froide, Albert Sanchez Pinol
Sur un îlot perdu de l’Atlantique sud, deux hommes barricadés dans un phare repoussent les assauts de créatures à la peau froide. Un livre sur la peur de l’inconnu, presque philosophique. Mais il y a de l’action, du combat, du sang, des larmes…

Une mort sans nom, Patricia Cornwell
Un psychopathe insaisissable sème la terreur aux États-Unis. Le médecin légiste Scarpetta mène l’enquête. Un polar bien mené, qui confirme que Patricia Cornwell est aujourd’hui devenue une valeur sûre du roman policier.

Pars vite et reviens tard, Fred Vargas
Un très bon policier. Avec en toile de fond la « peste noire ». Une enquête hors des sentiers battus menée par les inimitables commissaire Adamsberg et capitaine Danglard.

Dernier inventaire avant liquidation, Frédéric Beigbeder
Un livre que j’ai vraiment adoré. Frédéric Beigbeder nous donne son avis sur chacun des livres du top 50 du XXe siècle (classement des lecteurs de la F.N.A.C.). Même si on reste dans le succinct et le superficiel cela reste savoureux.

Un brillant avenir, Catherine Cusset
L’histoire de deux femmes dont le destin se trouve entremêlé, avec comme cause commune l’amour d’un homme, son fils pour l’une et son mari pour l’autre. Très émouvant, j’ai beaucoup aimé.

Elles ne se rendent pas compte, Vernon Sullivan (alias Boris Vian)
Boris Vian, grâce à son écriture caustique, nous embarque avec ce polar noir dans une histoire remplie de bagarres, de sexe et surtout d’humour.

À l’irlandaise, Joseph O’Connor
Depuis que sa fille est dans le coma suite à une agression, Billy se réfugie dans l’écrit. Nuit après nuit, dans les bas-fonds de Dublin, il traque le voyou évadé responsable de ce drame. Un très bon roman.

Bravo Two Zero, Andy McNab
Le récit autobiographique d’un sergent des S.A.S. britanniques durant la guerre du Golfe. Mission commando, fuite éperdue à travers le désert, tortures durant six semaines… Une lecture dont on ne sort pas indemne.

La mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé
Laurent Gaudé a reçu pour ce livre le prix Goncourt des lycéens 2002 et le Prix des libraires 2003, et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est archi-mérité ! Une histoire dramatique et puissante qui me rappelle l’Antigone d’Anouilh.

Chien des os, Bernard du Boucheron
Bernard du Boucheron, dans un style savoureux et mordant, nous narre les menées secrètes d’un agent élisabéthain sur une île imaginaire de l’Atlantique, en plein XVIe siècle. Le genre humain en prend pour son grade, pour notre plus grand plaisir.

Bastard battle, Cécile Minard
Un court roman écrit en vieux français, mais de telle manière que l’on n’a aucun mal à en comprendre les tournures. L’histoire de sept faux samouraïs pris dans les combats sans pitié du Moyen-âge français. Très drôle.

Le marketing de l’apocalypse, Pierre Dauzier
C’est un véritable réquisitoire contre le capitalisme que nous propose dans cet ouvrage Pierre Dauzier, qui fut pendant douze ans le président du groupe Havas. Un journal de bord en forme de semonce, un appel salutaire pour une moralisation du monde.

J’ai fait H.E.C. et je m’en excuse, Florence Noiville
À l’instar du Marketing de l’apocalypse de Pierre Dauzier, voici une nouvelle dénonciation cinglante de la financiarisation du monde et de l’idéologie capitaliste. Sur fond de remise en cause du rôle des grandes écoles de commerce.

Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé
Prix Goncourt 2004. Une très belle plume qui raconte le destin tragique, sur un siècle, d’une famille dans un petit village des Pouilles.

Company man, Joseph Finder
Un thriller extrêmement bien mené, que j’ai eu un grand plaisir à lire. Les chapitres sont courts, la narration est rapide, l’intrigue évolue avec des rebondissements inattendus. Avec en toile de fond le monde de requins des grandes multinationales.

Metro 2033, Dmitry Glukhovsky
Selon moi l’un des tous meilleurs romans fantastiques de la dernière décennie. Nous sommes transportés à une époque post-apocalyptique, en 2033, dans le métro moscovite, là où se sont rassemblés les derniers débris de l’humanité.

Comme un garçon, Pierre-Louis Basse
Récit autobiographique que j’ai lu d’une traite, tellement la puissance d’évocation des souvenirs de l’auteur m’a pris aux tripes. Le style est excellent.

Les sirènes de Bagdad, Yasmina Khadra
La narration de Yasmina Khadra est puissante, elle nous aspire dans les tourbillons ocres des étendues désertiques, elle saisit les sentiments des hommes exposés à la violence et à la misère, elle rend compte de l’immoral ballet des armes et du choc des civilisations qui se joue actuellement au Proche-Orient.

Matthieu Roger

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