Le 14 août 2013

Courrier reçu :

Bonjour,

je ne souhaite plus recevoir votre « journal » rien que pour la première du dernier numéro profondement blasphématoire et dégueulasse. Connaissant Mathieu Roger et Julie Besombes, je trouve cela très déplacé de leur part.
Ne comptez pas sur moi pour faire connaitre votre torchon, que je n’ai d’ailleurs jamais demandé à recevoir.

L’Analphabète a répondu :

Bonjour,

Je prends note de tes remarques en te retirant de notre carnet d’adresses.
Je tenais cependant à répondre à tes déceptions. Le fait que tu qualifies notre journal de profondément blasphématoire, nous met d’accord sur un point : l’Analphabète ne convient pas à tes lectures tant un fossé idéologique nous sépare. Il est vrai que le blasphème est un sacerdoce de la religion ! Nous connaissons ce sempiternel refrain qui fait de la religion une institution intouchable, ce n’est pas notre créneau. Notre but n’a cependant pas été ici de heurter ta sensibilité (ni celle des croyants en général) mais tout simplement de tourner à la dérision un fait d’actualité en le croisant avec les derniers scandales d’affaires de mœurs en date qui touchent l’Église catholique (notamment le téléchargement illégal de vidéos pornographiques au Vatican ou les affaires de pédophilie qui l’ébranlent). Tu nous permettras donc de caricaturer une Église qui s’est permis d’avoir tant de jugements discriminants sur autrui (la science, l’homosexualité, les moyens contraceptifs, l’avortement et j’en passe pour ne pas écrire un roman), tout en trempant dans tant d’affaires de mœurs douteuses (affaires de pédophilie récurrentes, avortements de bonnes sœurs, incestes, etc.). Lorsque la pensée religieuse sera moins archaïque, un peu plus en adéquation avec son époque et surtout beaucoup moins démagogique, alors nous n’aurons plus rien à caricaturer. Lorsqu’on ne respecte pas ses propres préceptes, on ne vient pas donner des leçons aux autres !
De plus, ce n’est pas nous qui faisons l’actualité, nous nous contentons de l’analyser telle que nous la percevons. En cela nous ne sommes qu’un œil parmi tant d’autres. Si la une de ce mois t’a profondément outré, il faudrait relativiser un peu les choses. Notre terrain de prédilection reste tout de même la politique. À moins, que de la caricaturer soit aussi un blasphème ? Il est sûr que notre choix éditorial n’est pas fait pour satisfaire tout le monde et sûrement qu’en d’autres temps nous aurions été brûlés sur un bûcher pour avoir blasphémé l’Église. Mais puisque les façons de procéder ont changé, je te propose, faute de mieux, de brûler notre journal ! Les autodafés sont des méthodes qui ont relativement bien marché en d’autres époques afin d’étouffer toutes réflexions en marge d’un certain ordre moral.
Je ne reviendrai pas sur les qualificatifs « dégueulasse » ou « torchon », ces ressentiments n’engageant que toi. D’autres apprécient, quand bien même ils ne défendraient pas tous nos choix éditoriaux, la liberté de ton, l’esprit critique, etc., que nous tentons de défendre ici.
Bref, bien conscient que tout ce blabla ne te fera guère changer d’avis, je te laisse à la lecture de La Croix ou au spectacle de Franck Dubosc, dont l’humour n’est clairement pas blasphématoire.
Pour conclure, cela fait plus de trois ans que nous publions ce mensuel. Il est étonnant que tu te rendes compte si tard que tu le reçois alors que tu ne l’as « jamais demandé ».

En m’excusant de t’avoir réveillé dans ton hibernation,

Cordialement,

KanKr, rédacteur en chef de l’Analphabète

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