Enregistrements pirates de Mediapart dans l’affaire Woerth Bettencourt « sic »

Voici les enregistrements pirates des conversations entre l’héritière de L’Oréal et ses principaux conseillers. Ils ont été cédés par la fille de la milliardaire, qui estime que sa mère a été lésée de ses biens. On y entend la voix de Liliane Bettencourt en fond, quasiment inaudible.

Écoute 1

« Valérie Pécresse, c’est la ministre de la Recherche et elle fait campagne pour être présidente de Paris, elle va perdre mais il faut que vous la souteniez et c’est des sommes mineures, c’est des petites sommes.
Mais elle va perdre, mais il faut quand même qu’on montre que vous la soutenez, il faut quand même lui montrer votre soutien.
Le deuxième c’est le ministre du Budget, il faut aussi l’aider. Et le troisième c’est Nicolas Sarkozy.
Mais ce n’est pas cher, c’est le maximum légal, voyez c’est 7 500, c’est pas très cher.
Vous savez en ce moment, il faut qu’on ait des amis. Ça c’est Valérie Pécresse.
Ça c’est Éric Woerth et si vous voulez, je pense que c’est bien, c’est pas cher et ils apprécient, voilà ça c’est fait. »

Écoute 2

« Je suis allé à Genève et je suis allé voir ce compte à Vevey où vous avez quand même 65 millions d’euros, c’est beaucoup d’argent.
Alors j’ai vu le notaire qui s’occupe de ça, Maître Schtroumpf et il faut que l’on enlève ce compte de Suisse. Donc je suis en train d’organiser ça, parce que vous ne pouvez pas le laisser en Suisse, parce que vous savez qu’il y a une loi qui va permettre aux Français de savoir l’argent qu’on a en Suisse.
Il y a une loi qui va permettre à l’administration française de savoir si vous avez de l’argent en Suisse ou pas. Donc il faut qu’on bouge ce compte.
Oui, je suis allé voir et vous avez sur ce compte 65 millions d’euros, c’est beaucoup d’argent.
Donc je suis en train d’organiser le fait de l’envoyer dans un autre pays qui sera soit Hong Kong, Singapour ou en Uruguay. Mais je suis en train de m’en occuper. »

Écoute 3

« J’ai fait venir le ministre Éric Woerth. C’est le mari de madame Woerth que vous employez, qu’est une de nos collaboratrices, qu’est pas très grande et qui est très sympathique et c’est notre ministre du Budget.
Et c’est lui qui a permis à l’Institut de récupérer le bâtiment dans lequel on va faire l’auditorium et il est très sympathique et en plus c’est lui qui s’occupe de vos impôts.
Je trouve que c’est pas idiot, voilà.
C’est le ministre et c’est un homme très sympathique, c’est un ami. »

Écoute 4

« Je me suis trompé quand je l’ai engagé, c’est à dire qu’en fait avoir la femme d’un ministre comme ça, ça n’est pas un plus, c’est un moins.
Je me suis trompé. Pourquoi, parce que vous êtes la femme la plus riche de France. Le fait que vous ayez une femme de ministre chez vous, tous les journaux, les trucs disent, oui tout est mélangé…
J’avoue que quand je l’ai fait son mari était ministre des Finances, il m’a demandé de le faire, je l’ai fait pour lui faire plaisir. »

Écoute 5

« Alors j’ai aussi examiné le fait que vous déclariez votre île en France. Mais là aussi je pense qu’il ne faut pas le faire. Je pense qu’il faut pas le faire parce que c’est trop compliqué et j’ai peur que le fisc tire un fil et voilà. »

Écoute 6

« Si je voulais ramener l’île, on va tout de suite voir que vous avez un autre compte où vous avez mis 20 millions dans la fondation et on tire le fil et ça je ne veux pas. »

Écoute 7

« Banier, Banier, oui François-Marie Banier. Il vous a fait mettre d’Arros dans une fondation pour lui, dans une fondation pour lui.
Ça veut dire qu’il a, oui pour le moment c’est insupportable, donc je pense que je vais demander. J’ai vu l’avocat, j’ai vu l’avocat de Banier, de Banier en Suisse et Banier vous a pris 20 millions pour le mettre dans la fondation.
Si, probablement, je sais pas et aujourd’hui j’ai dit il faut que cette nouvelle fondation paye une partie des frais pour d’Arros.
Et l’avocat me dit : Oh mais, vous savez, on n’a pas envie…, ça suffit. »

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